Gourcuff : Nantes, « Un choix affectif et professionnel »

Christian Gourcuff avec le FC Nantes à Lille.
Ligue 1 Conforama
12/08/2019

Nouvel entraîneur du FC Nantes, Christian Gourcuff a été présenté ce lundi par son nouveau club.

Alors qu’il a plusieurs fois été approché pour coacher le FC Nantes, Christian Gourcuff est enfin le nouvel entraîneur des Canaris. Ce n’était pourtant pas le chemin qu’avait emprunté le technicien après son année au Qatar achevée en mai dernier, rentré couler des jours paisibles dans sa Bretagne avec ses chiens. Mais, une nouvelle fois intéressé par son profil, Waldemar Kita l’a sorti de « cette nouvelle vie » comme il l’a lui-même reconnu lors de sa présentation devant la presse lundi.

Admiratif du FC Nantes de Suaudeau et DEnoueix

« Le président me connait depuis longtemps. On avait déjà eu des contacts par le passé, il n’y a pas eu beaucoup de réflexion et je me suis engagé avec beaucoup d’enthousiasme. Quand vous êtes contacté trois fois, c’est une marque d’estime et je lui en suis reconnaissant, » a détaillé le nouveau coach nantais, qui s’est décidé avec rapidité et sans aucune hésitation, « le temps d’une promenade de chien ».

Heureux de sortir de sa retraite, Gourcuff a également expliqué que l’identité du club avait pesé dans sa décision. « Je n’ai jamais caché mon admiration pour le FC Nantes de Suaudeau et Raynald Denoueix. Je revendique une certaine filiation technique avec ces gens-là. C’est avec grand plaisir que je rejoins le FC Nantes. Je ne dis pas que c’était un rêve mais ça a été un objectif dans ma tête. Et surtout, je restais en Bretagne. C’est un choix affectif et professionnel. Ca a été très spontané, avec l’enthousiasme d’un jeune. »

« Arriver à une cohésion et à un collectif solide rapidement »

Entraîneur connu pour ses idées sur le jeu et son caractère bien trempé, Christian Gourcuff ne craint pas la cohabitation avec son président, doté également d’un fort tempérament : « Si je suis à Nantes, c’est que j’estime qu’on peut cohabiter. Je pense qu’il n’y a aucun problème, il y a une confiance réciproque. S’il m’a sollicité, c’est aussi pour mes idées, sinon ça n’avait aucun intérêt de me sortir de ma retraite. Les choses vont se faire en bonne intelligence. »

Déjà à l’aise sur les bords de l’Erdre, le Breton s’est immédiatement mis au travail, bien décidé à rebondir après la défaite du week-end à Lille (2-1), en ouverture du championnat. « Mon travail, c’est l’entraînement, c’est la priorité. Je suis déjà mieux depuis que j’ai retrouvé le terrain, le ballon… Le challenge, c’est d’arriver à une cohésion et à un collectif solide très rapidement avec des automatismes. C’est un challenge qui est très motivant. » Il n’a pas précisé dans quel système allait évoluer son FC Nantes mais a préféré parler d’organisation : « Il faut une organisation de base qui permette d’être cohérent collectivement et de mettre chacun dans les meilleures conditions. C’est ce que je vais m’efforcer de faire. Le football, c’est tirer la quintessence du groupe et mettre chaque joueur dans les meilleures conditions. Mon objectif, c’est de faire progresser les joueurs et d’être performant collectivement. »

« Faire comprendre au joueur que son intérêt, c’est de s’investir dans le collectif »

Entraîneur passionné, le néo-Nantais est ensuite revenu sur les aspects du jeu à améliorer dans son nouveau club, notamment la circulation et la conservation du ballon, deux thèmes qui lui sont chers. « Il y a des automatismes à créer. Il faut du travail au quotidien sur le terrain, la répétition de gammes, le jeu à terre, la mobilité, toutes ces choses qui sont peut-être plus longues à assimiler que des aspects d’organisation sur lesquels on peut, je pense, être performant plus rapidement. »

Il en est convaincu, le FC Nantes ne réussira que grâce à un collectif fort. « Un collectif, il faut que ce soit organisé, il faut qu’il y ait une cohérence collective. Après, il faut placer les joueurs, utiliser les qualités de chacun, puis trouver des complémentarités. A moi de convaincre les joueurs. La difficulté dans tout projet collectif, c’est que les ambitions sont individuelles, chaque joueur a sa carrière à assumer. Lorsque le joueur a intégré que son intérêt, c’est l’intérêt collectif, 80% du chemin est fait. La première chose, c’est justement d’arriver à fédérer sur le plan relationnel et sur le plan technique aussi, à faire comprendre au joueur que son intérêt, c’est de s’investir dans le collectif. Ensuite, c’est mon job de bien travailler pour que les automatismes se mettent en place. L’état d’esprit, l’envie de jouer et de partager avec les autres, c’est fondamental. A partir de là, on peut progresser collectivement et individuellement. »

Durant cette conférence de presse de 45 minutes, le tacticien a refusé de parler d’objectifs, préférant décrire son projet : « La réussite, c’est de construire quelque chose. C’est comme ça que je conçois mon métier. Si on arrive à dégager une identité, à avoir du plaisir autour et sur le terrain, ce sera pour moi une réussite. La seule pression, ce sont les exigences que je me fixe. Je n’ai jamais eu d’objectif de carrière et encore moins maintenant. »

Coco, « une perte pour le club »

Pour mener à bien sa tâche, le père de Yoann s’appuiera bien sur l’ancien staff nantais, comme cela avait été souhaité par Franck Kita, Directeur Général Délégué du club, la semaine dernière. « J’ai tendance à faire confiance aux gens, c’est ce que j’ai fait ici », a annoncé l’entraîneur. « Ca se passe très bien le travail avec Patrick Collot. Cyril Moine, je le connaissais parce que je l’avais fait venir à Rennes en 2001, donc c’était un peu plus facile. Je n’avais aucune exigence. Ce qui est important, c’est d’avoir des gens de bonne volonté. »

Sur le banc à Lille, il a malheureusement assisté de près à la grave blessure de Marcus Coco, récemment arrivé au club (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche). « La blessure de Marcus est un gros coup dur. C’est un joueur qui avait beaucoup d’envie. On le retrouvera avec un mental neuf j’espère, mais c’est clair que c’est une perte pour le club. » Concernant le mercato justement, il a reconnu que son groupe pouvait encore changer d’ici fin août : « Si dans les 15 jours qui restent, il y a la possibilité de moduler l’effectif, on le fera en bonne intelligence. »

« Il faut investir dans la formation »

Mais quoi qu’il arrive, les Canaris pourront puiser dans leur centre de formation, un élément capital pour l’entraîneur. « Je pense qu’un club doit vivre à partir de sa formation en terme d’identité mais maintenant aussi pour des raisons économiques. Il faut investir dans la formation, c’est une évidence », a-t-il tout d’abord annoncé, avant de préciser qu’il n’aurait pas peur de lancer des jeunes. Parmi eux, il a même eu le temps, durant ses trois premiers jours, de découvrir Imran Louza, 20 ans : « Je ne le connaissais pas. C’est un garçon qui me plaît bien dans tout. »

Du jeu, des convictions collectives, de la jeunesse, soupoudrés d’une bonne dose de passion, le programme paraît alléchant pour le FC Nantes, qui ouvre un nouveau chapitre prometteur avec Christian Gourcuff à sa tête.

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